
Le Spitfire Mk IX BS548/G-CMOD vu ici lors de son retour de son 1er vol d’essai ( Photo © Chris Murkin pour LEB )
Le 28 janvier 2026, à Duxford, au Royaume‑Uni, Martin « Mo » Overall a effectué le nouveau premier vol après reconstruction du Supermarine Spitfire Mk IX BS548, immatriculé G-CMOD, marquant ainsi son « retour » dans les airs après 83 ans.
Construit en 1942, le BS548 faisait initialement partie d’une commande de Spitfire Mk V, convertis ensuite en Mk IX grâce à l’installation d’un moteur Rolls‑Royce Merlin 61. Son premier vol eut lieu le 31 octobre 1942.
Affecté le 7 novembre 1942 au No 340 (Free French) Squadron « Île‑de‑France » des Forces Aériennes Françaises Libres et codé GW‑B, le Spitfire est transféré brièvement au No 402 (Canadian) Squadron fin janvier 1943.
Endommagé par un Fw 190 lors d’une opération Ramrod au‑dessus de Rouen le 12 mars 1943, il est réparé avant de rejoindre le No 341 (Free French) Squadron « Alsace » à Biggin Hill le 2 avril 1943.

Le Spitfire Mk IX BS548 en service avec le Squadron 340
Le 17 avril 1943, alors qu’il était piloté par Claude Raoul‑Duval, as français ayant combattu en Afrique du Nord (détruisant notamment un Junkers Ju 88 en 1942) et auteur des mémoires « Ciel de Sable », il est abattu par le Feldwebel Herbert Gumprecht du 11./JG 2 près de Tancarville, à l’est du Havre. Claude Raoul‑Duval sauta en parachute ; le Spitfire s’écrasa dans des marais asséchés et resta enfoui pendant des décennies. Raoul‑Duval échappa à la capture grâce à la Résistance, passa par l’Espagne puis Gibraltar, avant de rejoindre de nouveau le No 341 Squadron.
En septembre 2012, le chercheur français Laurent Viton localisa le site du crash. Une équipe composée de Gareth Jones, Steve Vizard, Simon Parry et Geoff Carless exhuma près de 90 % de l’épave, le numéro « 548 » apparaissant sur de nombreuses pièces. Claude Raoul‑Duval, alors nonagénaire, assista à la découverte et signa plusieurs éléments récupérés.
.
Les restes de l’épave sont ensuite acquis par l’australien Col Pay qui décide de reconstruire le Spitfire en version biplace en partenariat avec Vintage Fighter Restorations à Scone, en Nouvelle‑Galles du Sud (Australie).
Le fuselage, refait par Airframe Assemblies sur l’île de Wight, intègre un second cockpit de type « Grace ». Transféré à l’Aircraft Restoration Company (ARCo) de Duxford pour l’installation des systèmes, les ailes et l’empennage sont également reconstruits par Airframe Assemblies.

Les couleurs du Spitfire IX BS548 sont celles qu’ils portaient avec le Squadron 340 ( Photo © Chris Murkin pour LEB )
Les marquages d’origine du No 340 Squadron ont été fidèlement reproduits.
.
À l’issue des essais en vol, le BS548 doit rejoindre la flotte de Pay’s Air Service où des vols d’initiation seront proposés. Il deviendra aussi le premier Spitfire biplace basé en Australie et le seul dans l’hémisphère Sud. Sa première présentation publique est prévue pour fin mars 2026 à Scone, en Australie.
On compte aujourd’hui 72 Spitfire en état de vol dans le monde.






5 Commentaires
Passer au formulaire de commentaire
Ouhaaaaaa
Un rescapé du 340 !!!
Hélas il va être un peu loin pour aller saluer un GW
Pour info, lors de son passage au Squadron 340 Ile de France, le BS548 fut aussi la monture d’Olivier Massart (endommagé le 12 mars 1943, lors d’un combat avec Fw190 de la JG2) et d’André Moynet, ce dernier revendiquant à son bord 2 Fw 190 le 1er décembre 1942. Brièvement A. Moynet c’est: Groupe Alsace, as du Normandie-Niemen en 1944, copilote prototype Caravelle, créateur du push-pull Jupiter, coureur automobile et politicien.
Un Mk IX sans canons ?
Encore une bonne nouvelle pour les fanas du Spitfire. Il aurait sa place dans une collection d’avions en France. Espérons qu’un jour il puisse être enregistré sur le registre des avions de collection F-AZxx…
Bonjour à toutes et à tous.
En tant que dernier gardien en activité du « A-flight PARIS » du Groupe de chasse « Ile-de-France », je me réjouis de cette renaissance, même si comme le dit si bien Patrick Rochas « cela va faire un peu loin pour aller voler »!
Le Royaume-Uni et plus largement le Commonwealth démontrent une fois de plus leurs savoir-faire extraordinaires en matière de restauration et de préservation du patrimoine aéronautique volant. Malheureusement la France, malgré quelques « résistants » est encore à des années lumières des « brits ».
Quelle merveille!