Un Westland Whirlwind renaît au Royaume-Uni

Le fuselage du Westland Whirlwind tel qu’il est visible aujourd’hui au Kent Battle of Britain Museum ( Photo © Phil Glover/Warbird Lovers pour LEB )

Texte de Phil Glover / Warbird Lovers pour l’Echarpe Blanche, traduit et publié avec son aimable autorisation.

Le 21 septembre 2025, le projet de reproduction du Westland Whirlwind a franchi une nouvelle étape avec la livraison de l’empennage inférieur, incluant le compartiment de la roulette de queue, au Kent Battle of Britain Museum, où l’avion est en cours d’assemblage.

Construit par Pete Smith, ingénieur en chef du Westland Whirlwind Fighter Project, cet élément a été installé sur le fuselage dès le lendemain, le 22 septembre, par une équipe conjointe du projet et du musée. Il reste encore trois pieds de structure à compléter au sommet, une fois le stabilisateur horizontal et les gouvernes de profondeur installés.

Une autre vue du Westland Whirlwind  ( Photo © Phil Glover/Warbird Lovers pour LEB )

Cette reproduction fidèle illustre l’engagement à recréer un Whirlwind pleinement fonctionnel. Les câbles de commande, reliés au cockpit, permettront à toutes les surfaces de vol d’être opérationnelles à l’achèvement du projet.

La roulette de queue est une pièce originale, et la jambe de train ainsi que les trappes ont été fabriquées selon les spécifications d’origine, rendant théoriquement possible une rétraction complète. Ce qui impressionne à chaque avancée, c’est la modernité du design pour un avion conçu en 1938, avec son cockpit à verrière en bulle, sa roulette de queue rétractable avec trappes et ses prises d’air intégrées aux ailes.

La reproduction est exposée aux côtés d’objets récupérés de l’épave du Whirlwind P6966. L’objectif est de présenter l’avion terminé au musée, peint aux couleurs de P7056, surnommé « The Pride of Yeovil ».

Le Whirlwind doit recevoir à l’issue de sa reconstruction les couleurs du Whirlwind Mk I P7056

Conçu en réponse à une spécification demandant un chasseur armé de canons pour accompagner les chasseurs équipés de mitrailleuses, le Whirlwind était propulsé par deux moteurs Rolls-Royce Peregrine, dérivés du Kestrel. Entré en service dans la RAF en 1940, il était alors le chasseur le plus rapide et le plus lourdement armé. À l’approche de la Bataille d’Angleterre, seul le Squadron 263 fut équipé de Whirlwind, stationné en Écosse, loin du front. Ce n’est qu’en décembre 1940 que l’appareil fut déployé dans le sud, participant à des missions de patrouille côtière, d’attaque anti-navires, d’escorte et d’attaque au sol. Le Whirlwind s’avéra un excellent chasseur et un appareil d’attaque redoutable, notamment avec la version Mk II, capable d’emporter deux bombes de 250 ou 500 livres.

Un Westland Whirlwind vu ici en vol, aucun exemplaire original n’a été préservé

Contrairement à une idée répandue, les moteurs Peregrine ne furent pas la principale cause des limitations du Whirlwind. Le problème résidait davantage dans la conception des hélices, dont les pales atteignaient des vitesses transsoniques, affectant les performances. Outre le Squadron 263, seul le Squadron 137 exploita opérationnellement le Whirlwind. Retiré du service en 1943, le dernier exemplaire fut démantelé en 1947.

Pour en savoir plus :

• Warbird Lovers (www.warbirdlovers.com)
• Kent Battle of Britain Museum (www.kbobm.org)
• WhirlwindFighterProject (www.whirlwindfp.org)
.
L’Écharpe Blanche
would like to extend its sincere thanks to Phil Glover of Warbird Lovers, the Kent Battle of Britain Museum and the Whirlwind Fighter Project team for allowing to share & talk about this remarkable initiative.

4 Commentaires

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    • Marc Lecocq sur 10 octobre 2025 à 10 h 18 min
    • Répondre

    Cela fait un moment que je suis la reconstruction de cet avion actuellement totalement disparu dont il ne reste que quelques éléments. J’apprécie la qualité de ce travail titanesque réalisé par l’équipe de bénévoles.
    Un autre chantier très différent qui lui tient du puzzle à 10000 pièces, c’est la reconstruction à partir de plusieurs épaves d’un Fairey Barracuda par le Fleet Air Arm Museum dont près de 90% de pièces originales.

  1. Comment ne pas être admiratif devant le travail accompli !
    Bravo à eux et surtout bon courage pour la suite …

    Je crois qu »il y a un projet de reconstruction d’un Stirling , mais ce sera du long terme …

  2. Que voilà une excellente initiative pour remémorer le seul chasseur bimoteur efficace de la première moitié de la Seconde Guerre Mondiale !
    Peut être que quelques Britanniques se poseront enfin la question : Pourquoi ce bijou n’a-t-il pas été employé contre les bombardiers Allemands pendant la Bataille d’Angleterre ?

    • Marc Lecocq sur 13 octobre 2025 à 9 h 49 min
    • Répondre

    Brando a raison, il y a bien un projet en cours de reconstruction d’un Stirling qui avance bien.

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