
L’une des star d’Air Legend 2025, le Me 262 de la fondation Airbus Heritage ( Photo © Damien Defever pour LEB )
Après la disparition cet hiver de son fondateur, Christian Amara, l’avenir d’Air Legend semblait très incertain pour le rendez-vous annuel de septembre.
Malgré les rumeurs d’annulation, un communiqué publié fin mai a confirmé la reprise du meeting par les Éditions Larivière. Les passionnés pouvaient souffler : Air Legend figurera bien au calendrier de septembre!
Le B-25 Mitchell et le P-51 Mustang des Flying Bulls, accompagnés du P-51 Miss AVA, ont formé une patrouille inédite. La séquence s’est conclue par un Missing Man, où le Nooky Booky IV — anciennement propriété de Christian Amara — a quitté la formation, symbolisant sa disparition.
En amont, Éric Goujon et Baptiste Salis avaient offert une superbe démonstration en duo sur Mustang, les fumigènes Sanders nouvellement installés sur le Mustang autrichien soulignant chaque trajectoire.
La chasse embarquée était également à l’honneur. Le Corsair F4U-5 Devotion de la collection Flying Legends GmbH piloté par Bernie Diehl a ouvert la séquence avec une démonstration très dynamique. La formation Cocarde Marine a ensuite réuni un Falcon 10 de la Marine Nationale, le Zéphyr 28 et le Morane-Saulnier MS.760 Paris d’Armor Aéro Passion.
Parmi les séquences originales du meeting, la Patrouille Air Déco a proposé un duo inattendu : le Spartan Executive et le Beechcraft Staggerwing. Ces deux avions d’affaires américains des années 1930 ont rappelé qu’à côté des machines de guerre, l’aviation civile a aussi produit des appareils marquants par leur élégance et leur confort.
Un autre moment fort fut la présence du P-51D Mustang Marinell venu spécialement du Royaume Uni et piloté par Isabel Rutland. Sa venue à Villaroche marquait la première apparition en France de ce Mustang et rendait aussi hommage aux WASP, ces femmes pilotes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Elle fut rejointe en vol par le Messerschmitt Me 262 d’Airbus Heritage, de retour à Melun après une première apparition remarquée en 2023. Premier chasseur à réaction opérationnel de l’histoire, l’exemplaire vu à Villaroche est une des cinq reproductions construites par Legend Flyers. Il est motorisé par des réacteurs modernes pour une meilleure fiabilité. Sa démonstration a une nouvelle fois impressionné le public, qui a pu retrouver en vol cette machine emblématique, témoignage d’une rupture technologique majeure à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La séquence consacrée aux jets historiques mettait à l’honneur le Canadair CT-133 Silver Star et le de Havilland DH.100 Vampire. Deux appareils emblématiques de l’après-guerre, qui firent partie des premiers chasseurs à réaction de l’Armée de l’air, préparant la montée en puissance des Mystère puis des Mirage.
L’histoire du terrain de Melun, haut lieu des essais en vol, a été rappelée à la mémoire du public avec la présentation du Morane D-3801 de l’association Charly-Fox. Cet appareil, très proche du MS.405, a été repeint aux couleurs de l’avion utilisé par Constantin Rozanoff, figure emblématique de l’essai en vol dans les années 1950. Pilote de chasse au sein du Groupe de chasse GC II/4 pendant la Bataille de France, commandant des GC 2/5 «Lafayette» et GC 2/3 «Dauphiné», puis chef-pilote d’essai de Dassault, Rozanoff a marqué l’histoire en réalisant les premières campagnes d’essais des Ouragan et Mystère depuis Villaroche.
Le transport aérien n’était pas en reste avec le C-53 Gruesome. Cet appareil de 1943 a été engagé sur les fronts européens avant d’être transformé en version civile par la TWA après guerre. En 2018, après plusieurs vies, Il est restauré par le Musée de l’Aéronautique de Bretagne. Le DC-3 de l’association Un Dakota sur la Normandie a également évolué dans l’après-midi. Enfin, la formation helvétique Classic Formation, fidèle d’Air Legend, a présenté un troisième DC-3 escorté de trois Beech 18 dans le ciel de Villaroche.
Parmi les grandes nouveautés, le Spitfire Mk IX MH415 de la collection de Georg Raab (Flying Legends GmbH) effectuait sa première sortie française depuis 1961. Construit en 1943, passé par l’Australie et le Royaume-Uni, il fait partie des rares Spitfire authentiques encore en vol.
L’Avro Anson devait effectuer sa première présentation en meeting en France mais les conditions météorologiques défavorables sur l’est de l’Europe ont retardé son convoyage à Melun jusqu’au samedi après-midi. N’ayant pas pu participer au briefing des pilotes, obligatoire selon la réglementation de la DGAC, l’appareil n’a donc pas été autorisé à évoluer en vol. Safety first ! Le Anson MH120 est arrivé de Nouvelle-Zélande à l’automne dernier. Construit à plus de 11 000 exemplaires, l’Anson a servi tout au long de la Seconde Guerre mondiale pour la reconnaissance côtière et surtout l’entraînement des équipages de la RAF et du Commonwealth. Aujourd’hui basé en République Tchèque au sein du groupe de collectionneurs RAF Station Czechoslovakia, il fait partie des trois seuls exemplaires en état de vol.

L’Avro Anson au roulage avant son départ. A noter que l’équipage vole en tenue d’époque ( Photo © JP Touzeau pour LEB )
Air Legend 2025 a montré, malgré plusieurs annulations de dernière minute liées aux réalités de l’aviation de collection, qu’il restait fidèle à l’esprit voulu par Christian Amara. L’organisation d’un meeting de cette ampleur reste un exercice délicat, d’autant que le coût d’exploitation des warbirds ne cesse de croître, rendant l’équilibre entre ambitions et contraintes toujours plus difficile à trouver.
Remerciements à Pierre Szuwalski et Jean-Pierre Touzeau pour leur contribution à la rédaction de cet article.








3 Commentaires
Un superbe plateau de Warbirds, bien que moins fourni cette année en raison du chevauchement de dates avec le meeting de Duxford. Une réflexion à mener pour les organisateurs d’Air Legend en vue de l’édition 2026. Vivement Air Legend 2026 !
Quand vous dites que le D-3801 est très proche du MS.405, je pense qu’ il est plus proche du MS.410 (radiateur fixe, moteur plus puissant, pipes d’échappements propulsives…).
Magnifique reportage ! bravo aux photographes