Un Yak-9 du Normandie-Niémen retrouvé en Russie ?

Des Yakolev Yak-9 soviétiques durant la Seconde Guerre mondiale.

Des Yakolev Yak-9 soviétiques durant la Seconde Guerre mondiale.

D’après le site Sputnik, un chasseur “Yak-3” (sic) appartenant au Groupe de Chasse Normandie-Niémen aurait été retrouvé dans un lac à Byvalka, à environ 80 km de Smolensk, et pourrait contenir la dépouille du pilote français Paul de Forges, disparu au combat le 31 août 1943 à l’âge de 31 ans. Le ministère russe de la Défense, en coopération avec des équipes de recherche spéciales et des historiens français, entendrait remonter l’appareil en août.

Paul de Forges pilotait un Yak-9 au moment de sa disparition et non pas un Yak-3, ce dernier n’étant entré en service opérationnel qu’à l’été 1944. L’historien du Normandie-Niémen Yves Donjon explique que l’épave de ce Yak-9 aurait été localisée dès 1991 mais qu’il aurait fallu attendre 1998 pour que certaines de ses pièces puissent être récupérées, ce qui aurait permis d’identifier formellement l’appareil.

Au cours de l’année 1991, une rumeur parvient aux oreilles de l’attaché de l’Air de l’ambassade de France à Moscou : « Il y a un pilote français dans le marais… ». L’histoire vient de Bivalka, un petit village perdu à 80 kilomètres de Smolensk… Il faut attendre septembre 1998, pour que des recherches sérieuses soient entreprises afin d’essayer d’identifier « le pilote inconnu de Bivalka ». Les pièces d’avion retrouvées sont attribuées sans ambiguïté grâce à leurs numéros. L’avion que pilotait Jean de Sibour [NdlR : un autre pilote du Normandie-Niémen, abattu le même jour que Paul de Forges], ce même 31 août 1943, étant un Yak 1, il ne peut plus y avoir de doute. Le marais a livré son secret ; le pilote enseveli a été identifié avec certitude, il s’agit du capitaine Paul de Forges. Mais hélas, les fouilles ne purent être menées à terme, en raison de la nature du terrain. Ces recherches firent l’objet d’un film documentaire intitulé « L’Inconnu du Normandie-Niémen » réalisé fin 1998. La partie arrière du Yak 9 de Paul de Forges fut exposée au « Mémorial Normandie-Niémen » des Andelys jusqu’à la fermeture de ce dernier en décembre 2010. [Source]

L’article de Sputnik reste très imprécis et comprend des erreurs… Pourrait-il s’agir de la partie avant du Yak-9 de Paul de Forges qui ne fut pas récupérée dans les années 1990 ? Affaire à suivre…

[Mise à jour du 16 août 2018]: Un grand merci à M. Yves Donjon, administrateur-documentaliste du Mémorial Normandie-Niémen, qui a apporté quelques précisions en commentaire de cet article et que nous republions ici:

Effectivement, l’affaire est à suivre et ce très attentivement. Restons très prudents avec les informations annoncées dans l’article de Sputnik dont le titre est mal choisi… Il ne s’agit pas d’une découverte puisque l’existence de ce Yak à Bivalka est connu depuis… 1943 ! Trois campagnes de fouilles sur cette épave ont eu lieu en 1986, 1987 et 1998. Dans mon ouvrage “Ceux de Normandie-Niémen” dont la dernière édition a été publiée en juin 2014 j’ai indiqué (sur les éléments connus à cette époque) qu’il s’agissait de l’avion de Paul de Forges. Aujourd’hui, avec tous les nouveaux éléments en ma possession je peux seulement dire qu’aucune preuve réelle ne permet d’affirmer que ce Yak ait appartenu au Normandie-Niémen. L’identité de son pilote reste à démontrer.

Yves Donjon

Source

(5 commentaires)

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    • Yves Donjon on 16 août 2018 at 13 h 09 min
    • Répondre

    Effectivement, l’affaire est à suivre et ce très attentivement. Restons très prudents avec les informations annoncées dans l’article de Sputnik dont le titre est mal choisi… Il ne s’agit pas d’une découverte puisque l’existence de ce Yak à Bivalka est connu depuis… 1943 ! Trois campagnes de fouilles sur cette épave ont eu lieu en 1986, 1987 et 1998. Dans mon ouvrage “Ceux de Normandie-Niémen” dont la dernière édition a été publiée en juin 2014 j’ai indiqué (sur les éléments connus à cette époque) qu’il s’agissait de l’avion de Paul de Forges. Aujourd’hui, avec tous les nouveaux éléments en ma possession je peux seulement dire qu’aucune preuve réelle ne permet d’affirmer que ce Yak ait appartenu au Normandie-Niémen. L’identité de son pilote reste à démontrer.

    Yves Donjon
    Administrateur-documentaliste du Mémorial Normandie-Niémen

    1. Merci pour ces précisions, M. Donjon. Espérons que des informations plus détaillées et plus fiables seront prochainement disponibles !

    2. Je vais modifier l’article en y incorporant votre commentaire, pour plus de clarté. Rien n’est jamais définitif en matières de recherches historiques !

    • PETIT on 19 août 2018 at 10 h 42 min
    • Répondre

    Bonjour,

    L’avion est celui de Jean de Sibours. Le moteur a été sorti et la lecture du numéro de série a permi de confirmer le pilote.
    Bientôt des nouvelles dans la presse.

      • Courtois Laurent on 22 août 2018 at 17 h 38 min
      • Répondre

      Bonjour,
      le numéro de série du moteur 315-2468 correspond au Yak 04142, qui est bien le yak des fouilles de 87 et 98. Ce Yak, selon la Maison Yakolev n’a jamais été livré au Normandie-Niemen. Et, il n’y est pas arrivé par des voies détournées, selon Many Souffan. Pour ce qui est de son affectation, les russes y travaillent, pour l’instant le Ministère de l’aéronautique, l’appel l’avion inconnu.
      Pour ma part, je trouve que citer le nom de Jean de Sibour est un peu léger, surtout si on considère que nos sortons de 20 ans de faux “de Forges”.
      Concernant les fouilles de 1998, elle mériterait un polar a elle seule.

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