De Havilland DH 98 Mosquito (Réplique 0,75) (F-PMOZ)

« Construire un Mosquito c’est entrer dans la légende… »

Ce projet unique dans le monde de la construction amateur vient d’être réalisé par une association française baptisé RRAA (Reconstructions Répliques Avions Anciens) avec pour résultat, une réplique du légendaire chasseur-bombardier britannique De Havilland Mosquito à l’échelle 0,75.

Mené à bien par Michel Bogaert Michel, Lionel Blanc et André Colette (aujourd’hui décédé), ce projet à débuté en 1994 sur une feuille blanche dans un atelier de Luçon pour se terminer 18 ans et 30.000 heures de travail plus tard sur l’aérodrome de Fontenay le Comte.

A cette équipe de départ, viendront s’associer au fil des années près de 500 membres sympathisants, participant aux travaux de finition ou par des dons, sans compter quelques partenaires comme le conseil général de Vendée.

Motorisée par deux moteurs de 300 ch (issus d’un Cessna 411) et équipée d’hélices tripales, cette réplique fut construite dans l’esprit anglais de De Havilland.

Le 9 octobre 2010 fut une étape importante de la construction. En effet les différentes pièces du fuselage et des ailes furent transportées de l’atelier du centre-ville de Luçon à l’Aérodrome de Fontenay le Comte pour la mise en croix et la suite de la construction.

Le 14 avril 2012, la réplique effectua son vol inaugural devant le public, piloté par Mr Marchand (pilote d’essai de l’Airbus A400M). Il porte les couleurs de l’appareil du Lieutenant-Colonel Max Guedj (des FAFL), affecté au No 143 Squadron de la Royal Air Force.

Hommage A Max Guedj

Né à Sousse, en Tunisie le 8 juin 1913, Max Guedj entreprend de brillantes études à Casablanca, puis au lycée Janson de Sailly à Paris, où il compte parmi ses condisciples le futur général Pierre Gallois et l’écrivain Pierre Daninos. Il s’inscrit ensuite à la faculté de droit de Paris et devient docteur en droit, et bientôt avocat de talent au cabinet de son père, le bâtonnier Félix Guedj.

Max, qui a effectué son service militaire dans l’aviation sur le terrain de Frescaty et qui possède son brevet de pilote civil depuis 1938, espère intégrer une escadrille lors de la mobilisation mais se retrouve au 21ème Régiment de Zouaves ! Son sens inné du commandement lui vaut d’être rapidement nommé sergent, mais il ne participe pas aux combats avant l’armistice de juin 1940.

Max Guedj refuse cette issue. Démobilisé le 14 août 1940, alors qu’il se trouve en Afrique du Nord, il choisit de rejoindre les français libres à Londres. Prétextant une plaidoirie à Tanger, il obtient les autorisations nécessaires pour s’y rendre et réussit à prendre un avion pour Lisbonne d’où il gagne Bristol. Parvenu à Londres le 26 septembre, il s’engage dans les Forces aériennes françaises libres et intègre, comme élève-pilote, l’EFTS (Elementary Flying Training School) franco-belge d’Odiham. Sa parfaite connaissance de la langue anglaise lui permet de poursuivre son entraînement dans les centres de la Royal Air Force.Ainsi, le 26 février 1941, à l’Elementary Flying Training School de Sywell, débutent les premiers vols en double commande sut Tiger Moth, sous la houlette du lieutenant Edouard Pinot, ancien mécanicien de Georges Guynemer.

De Sywell, Max Guedj entre dans la Secondary Flying Training School n° 11 de Shawbury, où il se perfectionne sur des bimoteurs et obtient son brevet de pilote militaire sur Airspeed Oxford. Il passe ensuite à l’entraînement opérationnel sur Beaufighter en OTU (Operational Training Unit) à Catfoss où, le 21 août 1941, il apprend sa nomination au grade de sous-lieutenant. Affecté le 25 février 1942 au squadron 248 du Coastal Command, il s’impose par son calme, son courage en opérations et ses qualités de pilote, notamment lorsque, le 17 mai 1942, aux commandes de son Beaufighter VI, le Flight Officer « Maurice » mène plusieurs attaques en mer du Nord, au large de la Norvège, contre deux contre-torpilleurs d’escorte du redoutable « Prinz-Eugen ».

Il s’illustre aussi à Malte, où son unité arrive en août 1942 avec pour mission la protection des convois de ravitaillement de l’ile : le 11, lors d’une attaque massive lancée contre les aérodromes d’Elmas et de Decimomanu en Sardaigne, il détruit trois avions au sol. Ses qualités indéniables de combattant et de chef lui vaudront de gravir rapidement les échelons : Chef de Dispositif, Commandant d’escadrille (flight), Commandant de groupe (squadron).

En attendant, nommé lieutenant à son retour en Angleterre en janvier 1943, il suit son squadron à Talbenny dans le sud du Pays de Galles, harcèle les navires de la Kriegsmarine et enchaîne les vols de patrouilles destinés à protéger les convois dans le golfe de Gascogne. Au cours de l’un d’eux, le 10 mars, il abat un Junkers Ju 88 et, quoique légèrement blessé, réussit à ramener à sa base son appareil très endommagé et son navigateur, le flight sergeant Charles Clayton Corder. Ce même mois de mars, momentanément écarté des opérations de guerre, Max arrive à l’OTU 132, instructeur à l’Air Firing Flight (AFF), où son enseignement efficace de l’art du tir donne chez ses élèves des résultats jamais atteints dans les autres OTU.

Il prend bientôt le commandement de l’AFF et en devient le squadron leader. Il apprend alors la mort de son père ; arrêté par les autorités de Vichy pour avoir aidé des Français à rejoindre Londres, le bâtonnier, d’une santé déjà précaire, n’a pas supporté les sévices qui lui ont été infligés dans une prison de Casablanca. Max Guedj intervient auprès des autorités britanniques et de l’état-major français pour repartir au combat.

C’est comme Flight Commander qu’il retrouve le squadron 248, alors en cours de transformation sur Mosquito FB VI, à Portreath. Il entreprend ses premières missions le 20 février 1944 dans le golfe de Gascogne. Le 6 juin 1944, jour du débarquement en Normandie, Max, nommé capitaine par les FAFL le mois précédent, accomplit trois des cinq sorties de son unité ; sa mission consiste à empêcher les sous-marins allemands – ou d’autres navires – d’attaquer l’immense flotte alliée, à leur interdire de quitter les ports du golfe de Gascogne et de la Manche, mais aussi à assurer la protection des troupes engagées dans des coups de force. En septembre 1944, le squadron est transféré à Banff, en Ecosse, sur une base commandée par le Group Captain Max Aitken, as et héros de la bataille d’Angleterre. En décembre 1944, il accède à la tête d’un des cinq squadrons – le n° 143 – du Mosquito Wing avec le grade de Wing commander (lieutenant colonel). De fait, la Royal Air Force l’a promu Squadron Leader, acting Wing Commander en juillet.

Désormais, il apparaît dans les dossiers de la Royal Air Force comme le « commandant Maurice », affectueusement nommé « Morrie ». Il a choisi ce pseudonyme afin de préserver sa famille d’éventuelles représailles. Assez curieusement, la demande adressée à cette époque par les autorités britanniques à l’état-major français de Londres pour que Max Guedj soit promu lieutenant-colonel dans l’armée de l’air demeure sans effet. Or, l’aviateur mérite mille fois cet avancement : admiré sincèrement par l’ensemble du Wing de Banff, « Jean-Maurice » prend part à pratiquement toutes les sorties dangereuses qui entraînent ses équipages dans les fjords de Norvège. Ils se heurtent alors à une immense défense antiaérienne, d’autant plus terrible qu’ils doivent voler bas pour permettre à leurs roquettes d’atteindre les objectifs situés dans des ports bien abrités. Le Wing Commander Maurice trouve la mort le 15 janvier 1945 en compagnie du Flight Lieutnant Langley, alors qu’ils menaient l’ensemble de l’escadre à l’attaque de navires au mouillage dans le port de Leirvick en Norvège. Trois sections de trois Fw 190 chacune surgirent et engagèrent aussitôt le combat contre les bimoteurs qui ne s’y attendaient pas. Dans la mêlée confuse qui s’ensuivit, on aperçu l’avion de Guedj poursuivi par trois agresseurs. Puis ce fut tout. Ce jour-là, cinq Mosquito ne rentrèrent pas.

Commandeur de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération, décoré de la croix de guerre avec 7 palmes, du Distinguished Service Order (DSO) et de la Distinguished Flying Crosss (DFC) avec palme, ce brillant pilote de 32 ans totalisait 1290 heures de vol, dont 630 de guerre. Moins connu que nombre de héros de l’air de la Seconde Guerre mondiale, Max Guedj n’en occupe pas moins une place à part, qui en fait certainement le meilleur aviateur français de cette période, un pilote doué et réfléchi, doublé d’un homme attachant.

Pour plus d’informations sur l’avion et sa construction: http://bogaert.jimdo.com/le-projet/

Historique

Informations

  • Immatriculation: F-PMOZ
  • Année de construction: 2012
  • Type d'appareil: de Havilland Mosquito
  • Etat: Epave/Accidenté
  • Fiche mise à jour le:

2 Commentaires

  1. Bonjour
    Je chercha à acquérir une réplique de Mosquito , non volante , pour exposition statique .
    email hidden; JavaScript is required
    merci pour m’aider à trouver

    1. J’ai bien peur de ne pas avoir de pistes à vous proposer. Ce n’est pas quelque chose qui coure les rues… Avec un peu de chance, l’un de nos visiteurs aura des tuyaux.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.