Un mémorial en l’honneur des aviateurs français inauguré en la cathédrale d’York

Un mémorial en l’honneur d’aviateurs français ayant combattu lors de la Seconde Guerre mondiale a été dévoilé lors d’une cérémonie religieuse organisée jeudi 20 octobre 2011, en la cathédrale d’York (nord-est de l’Angleterre). Le général Jean-Paul Paloméros, chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA), a assisté à ce vibrant hommage, en compagnie de son homologue britannique, l’Air Chief Marshall  Sir Stephen Dalton. De nombreuses autorités, dont Gerald Howarth, secrétaire d’état chargé de la stratégie de sécurité internationale, le général Paul Fouilland, commandant les forces aériennes stratégiques et Bernard Emié, ambassadeur de France à Londres, étaient également présentes.

«Cette cérémonie grandiose a commémoré le souvenir des Français qui ont rejoint la Royal Air Force au sein de deux groupes de bombardement, le 346 «Guyenne»  Squadron et le 347 «Tunisie» Squadron,  explique le général Paloméros. Plus de 2000 aviateurs français composaient ces unités aujourd’hui appelées «Groupes Lourds». Ils étaient ainsi basés à Elvington, à quelques kilomètres de la ville d’York. Au total, 216 membres d’équipage ont péri en tentant de libérer la France et l’Europe occupée. Cette journée était une occasion unique de leur rendre hommage. »

«Cette journée a permis, non seulement, de saluer le sacrifice consenti par les Français lors de la Seconde guerre mondiale, mais aussi de démontrer avec quelle efficacité nos deux forces aériennes ont opéré ensemble par le passé et continuent de la faire aujourd’hui, dans des pays comme l’Afghanistan ou la Libye» , estime Sir Stephen Dalton.

Au cours de l’office religieux, Français et Britanniques se sont succédé à la chaire de la cathédrale, afin de prendre la parole et rendre hommage aux aviateurs français tombés au combat. Les deux CEMAA ont ensuite assisté à la bénédiction de la plaque apposée dans l’enceinte de la cathédrale, instituant le premier mémorial du genre dans un édifice religieux britannique.

La matinée s’est poursuivie par un défilé de troupes à pied et par un passage aérien. Une patrouille mixte, composée d’un Rafale et d’un Typhoon a ouvert le défilé, suivie par des Tucano britanniques et des Xingu français. Un Lancaster, avion à bord duquel opéraient les Groupes Lourds français lors de la Seconde Guerre mondiale, a clôt le défilé.

Plus tard dans la journée, une réunion de travail a eu lieu entre les deux chefs d’états-majors, ainsi que Gerald Howarth, afin d’établir un point sur les excellentes relations unissant les forces aériennes des deux pays.

La date du 20 octobre 2011 revêtait une forte portée symbolique. En effet, le 20 octobre 1945, les derniers aviateurs français quittaient York pour rejoindre la France libérée. 66 ans plus tard et en la présence de dizaines de vétérans français et britanniques, leur mémoire a été saluée. Jean Caillet, 88 ans, mécanicien avion à Elvington, fait part de son sentiment. «C’est très émouvant de retrouver des camarades rescapés sur les lieux où nous avons combattu ensemble. Durant la cérémonie, nous avions tous les larmes aux yeux. Cette cérémonie nous a mis à l’honneur. L’émotion était palpable. »

Cliquer sur ce lien pour visionner le diaporama de l’évènement : http://www.air-actualites.com/diaporama/diaporama-memorial/memorial.html

Texte : Lieutenant Karim DJEMAI

Photos : Adjudant Richard NICOLAS-NELSON

En savoir plus sur l’histoire des Groupes Lourds

Une page glorieuse de l’histoire de l’armée de l’air s’est écrite en Grande-Bretagne, et plus particulièrement dans la région d’York.

Le «346 Squadron» et le «347 Squadron» furent les deux seuls groupes de bombardement lourd de l’armée de l’air française de la Seconde Guerre mondiale. Ils furent stationnés sur la base de la Royal Air Force d’Elvington, à 10 kilomètres au sud d’York de juin 1944 à octobre 1945.

Les groupes français combattirent de la déclaration de guerre en septembre 1939 jusqu’à la Bataille de France et l’armistice avec l’Allemagne, le 25 juin 1940. Ils se retirèrent en Tunisie, au Maroc et en Algérie, jusqu’au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord le 8 novembre 1942. Ils apportèrent ensuite leur soutien aux Alliés à partir du début 1943.

En 1943, les Groupes reconstitués, le «2/23 Guyenne» et le «1/25 Tunisie», furent transportés en bateau d’Alger à Liverpool pour suivre un entraînement intensif avec le Bomber Command de la Royal Air Force. Les Français allaient être dotés de nouveaux avions, des quadrimoteurs Handley Page Halifax.

Le 16 mai 1944, le Squadron n° 346 «Guyenne» fut officiellement formé à Elvington, suivi du Squadron n° 347 «Tunisie» le 20 juin 1944. Près de 2300 Français firent partie de ces unités.

En 8 mois, ils perdirent 41 appareils et 216 hommes furent tués lors d’opérations périlleuses menées au-dessus de la France et de toute l’Europe.

Le «Guyenne» et le «Tunisie» rentrèrent en France libérée en octobre 1945 et furent affectés à la base de Bordeaux-Mérignac.

Le 31 mars 2009, les traditions de l’escadrille BR66 (Faucon Egyptien du Guyenne) furent reprises par l’escadron de chasse «Gascogne» des forces aériennes stratégiques, à Saint-Dizier sur Rafale. Le 6 octobre 2010, les traditions du «Tunisie» furent reprises par l’escadron de transformation Rafale «Aquitaine», également à Saint-Dizier.

(sources : Yorshire Air Museum – Elvington)

Liens Internet : Yorshire Air Museum

Vidéo de la cérémonie publiée par le service de communication des forces armées britanniques  http://www.bfbs.com/news/england/french-servicemen-killed-world-war-two-remembered-52684.html

Source: Armée de l’Air

Je rajoute ici les commentaires et corrections d’un visiteur, que nous remercions:

Le compte rendu de la cérémonie relative aux Groupes Lourds comporte quelques erreurs: ce n’est pas en 8 mois mais en 11 mois qu’ils furent opérationnels (06/44 à 04/45)
D’autre part 174 personnels ont été perdus au cours des missions, le reste l’étant à l’entraînement.
38 Halifax seront perdus et non 41.
Cordialement.
G.F.