
Le GRAND moment du meeting Air Legend 2026: la présentation du F4U-5N F-AZEG dans ses nouvelles couleurs ( Photo © Damien Defever pour LEB )
Air Legend avait encore quelques surprises à réserver pour son édition 2026. À côté des habitués de Melun-Villaroche, plusieurs nouveaux venus et quelques raretés particulièrement attendues sont venus enrichir le plateau, offrant une nouvelle fois de belles occasions de voir évoluer des machines rarement présentées en France.
L’une des images fortes de cette édition reste celle du Chance-Vought F4U-5N Corsair F-AZEG de l’association les Ailes Anciennes Villeneuvoises, piloté par Baptiste Salis, évoluant aux côtés de deux Rafale de la flottille 17F. Cette séquence marque la première apparition en meeting de l’appareil depuis son départ de La Ferté-Alais le 3 juillet dernier. En quelques semaines, Benjamin Pellegry et son équipe de Prop & Jet Aviation ont assuré sa révision et lui ont appliqué une nouvelle livrée inspirée des AU-1 et F4U-7 de l’Aéronavale française, juste à temps pour sa présentation à Melun.
Présenté en mai dernier à la Ferté Alais, le Caudron C.460 a également effectué une présentation avec Bruno Ducreux aux commandes. Une occasion à saisir pour admirer en vol les lignes particulièrement fines dessinées par Marcel Riffard, puisque l’appareil devrait prochainement rejoindre le futur musée Renault de Flins, dans les Yvelines. Le Caudron a également évolué aux côtés du Beech Staggerwing de l’association Ham & Jam, réunissant deux visions de l’aviation des années 1930. L’un a été conçu pour aller vite, l’autre pour voyager dans le plus grand confort. Deux appareils très différents, mais qui portent tous deux la marque de l’esthétique Art Deco caractéristique des années 1930.
Avec la venue de « Sweet Eloise II » à Melun, l’A-26 fait son retour dans un meeting français, plus de trente ans après sa dernière présentation à Rouen, en 1995. Entre-temps, seul un Invader avait effectué un passage en Normandie lors des commémorations du 80ème anniversaire du débarquement en 2024.
Construit en 1945 à Long Beach sous le serial 44-34313, cet A-26B est transformé en A-26C à nez vitré avant d’être engagé durant la guerre de Corée. Affecté au 730th Bomb Squadron à Pusan, il devient l’appareil personnel du commandant Charles H. Howe, qui le baptise « Sweet Eloise II » en hommage à son épouse. En deux ans, il accumule près de 1 900 heures de combat, principalement lors de missions nocturnes.
Vendu comme surplus en 1957, il est employé pour l’ensemencement des nuages, puis converti en bombardier d’eau. Il vole successivement pour Aero Atlas, Butler Aircraft et Conair, au Canada, sous l’immatriculation C-GHLK et le numéro Tanker 23. Après près de trente ans consacrés à la lutte contre les incendies, l’Invader rejoint le monde des warbirds et retrouve sa configuration ainsi que ses couleurs de la guerre de Corée. Il appartient depuis 2020 à Marcin Kubrak, cofondateur de la compagnie charter polonaise Enter Air et pilote sur Boeing 737.
L’une des plus belles démonstrations de l’après-midi du samedi est à mettre au crédit d’Isabel Rutland, aux commandes de son P-51D Marinell. Une présentation tout en souplesse, qui a parfaitement mis en valeur les lignes du Mustang. Venue relativement tard au pilotage, la Britannique s’est rapidement tournée vers la voltige, devenant championne nationale en 2023 dans la catégorie Standard. Après avoir notamment présenté le Harvard de The Fighter Collection, elle acquiert Marinell en 2023 et effectue ses débuts en présentation sur Mustang à Duxford l’année suivante. Depuis, elle présente régulièrement l’appareil dans les meetings européens.
L’aviation de transport de collection n’était pas en reste, avec notamment le passage en formation des deux Douglas DC-3 F-AZOX et F-HVED. Ce dernier, aux mains du pilote d’essais Axel Valat et d’Alain Battisti, a ensuite effectué une démonstration particulièrement dynamique, mettant en évidence l’étonnante maniabilité du bimoteur de Douglas.
Le B-17G Sally B a également évolué en compagnie du Spitfire LF Mk Vb EP120 de The Fighter Collection. Basée à Duxford, la forteresse volante est aujourd’hui le dernier B-17 en état de vol en Europe. Construite en 1945, trop tard pour participer au conflit, elle rejoint en 1954 l’IGN et vole pendant plus de vingt ans sous immatriculation française. Basée à Duxford depuis 1975, Sally B est depuis devenue un véritable mémorial volant dédié aux équipages de l’USAAF tombés en Europe.
Le Spitfire Mk Vb EP120, piloté par Patrice « Marchi » Marchasson, est ensuite venu rejoindre le Spitfire Mk XIV RM927 de Brice Ohayon. Cette présentation a permis au public d’apprécier l’évolution du célèbre chasseur britannique entre le Mk V à moteur Merlin, apparu en 1941, et le Mk XIV à moteur Griffon, entré en service trois ans plus tard. Les deux appareils ont ensuite poursuivi avec des démonstrations en solo, avec notamment les passages toujours très photogéniques proposés par Brice Ohayon aux commandes des son Spit survitaminé.
Le PBY-5A Catalina G-PBYA, basé à Duxford et exploité par Plane Sailing, faisait également partie du plateau. Construit au Canada en 1943 et utilisé par la RCAF pendant la Seconde Guerre mondiale, il connaît ensuite une longue carrière civile comme bombardier d’eau. Dans les années 1960, il est affrété par la Protection Civile française et opère plusieurs saisons depuis Marseille sous les immatriculations F-ZBAY puis F-ZBBD, avec le surnom de « Pélican Bleu ». Acquis par Plane Sailing en 2002, il est remis en état au Canada avant de rejoindre Duxford en 2004. Il porte depuis 2005 les couleurs de l’OA-10A 44-33915 du 5th Emergency Rescue Squadron de l’USAAF.
Autre rareté venue de Pologne, le Lim-5 immatriculé SP-MIL, avec son caractéristique dard de postcombustion, constituait l’un des temps forts de cette édition. Le Lim-5 est est MiG-17F construit sous licence par WSK-Mielec. Construit en 1958, le 1211 sert dans l’armée de l’Air polonaise jusqu’à son retrait du service en 1990. Exporté au Royaume-Uni, il porte successivement les immatriculations civiles G-BWUF puis G-MIGG, revêtu de couleurs nord-vietnamiennes fictives. Racheté en 2023 par FUBAR Aviation, qui exploite également deux Lim-2/MiG-15 en Pologne, il est entièrement restauré et retrouve ses marquages militaires polonais d’origine. Remis en vol en avril 2026 sous l’immatriculation SP-MIL, il est aujourd’hui le seul MiG-17/Lim-5 en état de vol en Europe.
Bien connu du public de Melun, le Canadair CL-13B Sabre Mk.6 N80FS faisait cette année sa première apparition à Air Legend depuis son changement de propriétaire. Longtemps exploité par Frédéric Akary au sein de Mistral Warbirds sous l’immatriculation F-AYSB, l’appareil a rejoint en 2026 la collection autrichienne des Flying Bulls. S’il a retrouvé son ancienne immatriculation américaine N80FS, le Sabre a conservé la livrée sous laquelle il évoluait ces dernières années en France. Frédéric Akary a lui aussi rejoint l’équipe des Flying Bulls et reste aux commandes du Sabre pour ses présentations en meeting.
Cette huitième édition d’Air Legend aura réservé son lot de surprises aux amateurs d’aviation historique. Si le programme a évolué au fil des années, accordant une place plus importante aux plateaux contemporains, Air Legend continue d’attirer des machines rarement présentées en France pour le plus grand plaisir de tous.
Vous pouvez d’ores et déjà réserver votre week-end du 11 et 12 septembre 2027 pour la prochaine édition d’Air Legend.






5 Commentaires
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Un grand merci de partager ces superbes photos pour ceux qui n’ont pas pu y assister.
Un rêve que de participer à ce meeting et y venir, Melun, la Ferté, Roanne, … Jamais j’ai pu y aller et me les payer.
D’ailleurs, ça serait bien si les organisateurs, pouvaient faire gagner des places et pas ne réserver cela, qu’aux seuls habitants des alentours et aisés, retraités… Les jeunes aussi et jeune-vieux, qui ont de moins en moins de pouvoir d’achat, aimeraient partager cette passion avec les autres.
Je n’ai jamais vu, dans le Sud-Ouest, un « jeu-concours », pour faire gagner des places à un rassemblement aérien de renom : AIREXPO, Des Étoiles et des Ailes, etc.
Merci pour ce superbe reportage.
Toutefois, il comporte une erreur. La réplique du Caudron C460 n’est pas restée à Melun, depuis le mois de mai. Après le meeting de la Ferté Alais, Bruno Ducreux a ramené cet avion, dans ses ateliers de Aero Restauration Service, situés sur l’aérodrome de Dijon-Darois où il a encore volé, la semaine dernière.
Jean-Marc
Auteur
Merci pour le complément Jean-Marc, je n’avais pas la bonne info.
Merci !
Bon, il manque le « chin scoop », la prise d’air sous le capot moteur pour en faire un F4U-7 comme en possédait l’Aéronavale…