Maurice Choron (1911 – 1942), un aviateur de Béthisy-Saint-Pierre

Maurice en Grande-Bretagne, en uniforme d’officier des FAFL, avec aile de poitrine de la Royal Air Force Source : Jean-Pierre Duriez via Pascal Descorsiers

Maurice Choron en Grande-Bretagne, en uniforme d’officier des FAFL, avec ailes de poitrine de la Royal Air Force (Source : Jean-Pierre Duriez via Pascal Descorsiers)

Maurice Choron naît le 7 novembre 1911 dans le village de Béthisy-Saint-Pierre, au domicile familial situé au 4 bis rue des Sablons, devenue la rue Maurice Choron.

Enfant, il fréquente l’école communale de la rue Jean Jaurès jusqu’en 1924. Élève appliqué et doué, il obtient son certificat d’études primaires avec la mention assez-bien. À l’issue de sa scolarité primaire, il devient maçon avec son père, mais sa soif d’instruction reste intarissable, il sera un véritable autodidacte. Il occupe tout son « temps libre » à s’instruire.

Il se marie le samedi 19 juillet 1930 et aura deux filles.

En 1931, il découvre l’aviation sur le terrain d’aviation de Crépy-en-Valois. Il est le premier élève de l’aéroclub de l’Oise. Il obtient alors son brevet de pilote d’avion de tourisme le 4 mai 1931 ; brevet no 840 délivré à Méaulte. En octobre 1932, Maurice Choron, participe au rallye aérien Paris-Poitiers-Paris, organisé par l’Aéroclub de France et le Ministère de l’Air.

Appelé sous les drapeaux le 20 octobre 1932 il effectue son service militaire d’un an dans l’aviation militaire. Il est d’abord affecté à Reims, au sein de la 12e escadre de bombardement, puis à Istres où il devient élève pilote. Il obtient alors son brevet de pilote militaire no 23 962, le 28 juin 1933. Il est libéré des obligations militaires le 15 octobre 1933 et nommé sergent de réserve le 20 novembre 1934.

Après son service militaire, le retour à la vie civile est rude, ce qui ne l’empêche pas d’obtenir son brevet de transport public no 24 le 23 novembre 1933. À partir de 1934 et jusqu’à la mobilisation de 1939, il occupe différents emplois de moniteur d’aéroclub, à Méaulte, en Savoie, à Nice puis en Corse et enfin Toussus le Noble. En Corse, il fait la connaissance de Michaël Robinson, officier et pilote de la Royal Air Force, avec qui il se lie d’amitié. Il continue également de voler pour l’Armée de l’air en tant que sergent pilote de réserve. Avant la Seconde Guerre mondiale, il totalise déjà 1 631 heures et 33 minutes de vol.

Mobilisé le 2 septembre 1939, Maurice Choron est affecté dans des écoles de pilotage de l’Armée de l’air : Mont de Marsan, dans les Landes, puis Graulhet dans le Tarn, pour former des pilotes militaires. Enfin du 1er janvier 1940 au 19 juin de la même année, il est affecté au Centre d’Instruction du Bombardement de Toulouse Francazal comme élève officier d’aviation. Il est nommé sergent-chef le 1er avril 1940. Pendant toute cette période il ne participe à aucun des combats de la Bataille de France. Mais Maurice Choron n’accepte pas l’armistice de juin 1940. Le 22 juin 1940, il décide d’aller rejoindre l’Angleterre. Il embarque le 24 juin 1940 à Port-Vendres sur un cargo, qui via Gibraltar, le conduit le 7 juillet 1940 en Angleterre à Liverpool. Il s’engage, le 20 juillet 1940 dans les Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL) avec le matricule 30.501. Son expérience de moniteur d’aéroclub et du pilotage d’avions militaires français, avec un peu plus de 1911 heures de vol, conduit la Royal Air Force (RAF) à le sélectionner pour apprendre le maniement des chasseurs britanniques. Son premier vol au sein de la RAF est daté du 30 juillet 1940.

Spitfire Mk I, No 64 Squadron, piloté par le S/C Maurice Choron, automne 1940. (Profil © Gaëtan Marie)

Spitfire Mk I, No 64 Squadron, piloté par le S/C Maurice Choron, automne 1940. (Profil © Gaëtan Marie)

Le 1er septembre 1940, Maurice Choron est nommé adjudant. À compter du 14 septembre 1940, il intègre le Squadron 64 de la RAF et commence ses missions de guerre et patrouilles sur Spitfire. Le 16 septembre 1940, il décolle pour un scramble ou mission d’interception d’urgence, il est ainsi le premier pilote de chasse français à prendre part à la Bataille d’Angleterre. Le 1er novembre 1940, il signe sa première victoire, finalement comptabilisée probable. Il devient le premier aviateur français à abattre un avion allemand au dessus de l’Angleterre. Le 21 décembre 1940, il obtient sa première victoire officielle.

Maurice Choron est nommé sous-lieutenant le 16 mars 1941. Il est d’abord affecté au Squadron 609 équipé de Supermarine Spitfire Vb, où il retrouve son ami Michaël Robinson. Pendant l’année 1941, il obtient trois autres victoires probables et deux victoires officielles. Maurice Choron est nommé lieutenant le 24 septembre 1941.

Maurice Choron au squadron 609 en 1941. À sa gauche le wing commander Michaël Robinson. ( Source : album photos du squadron 609. via P. Descorsiers)

Maurice Choron au squadron 609 en 1941. À sa gauche le wing commander Michaël Robinson. ( Source : album photos du squadron 609. via P. Descorsiers)

En décembre 1941, Maurice Choron est affecté comme moniteur auprès de la RAF, puis il rejoint le 8 avril 1942, le Groupe de Chasse Ile-de-France (Squadron 340), sous les ordres du capitaine de corvette Philippe de Scitivaux, de l’Aéronautique navale.

Le 10 avril 1942, le Groupe de chasse Ile-de-France décolle pour sa première mission de combat. À bord de son Spitfire Mk Vb, le lieutenant Maurice Choron est abattu en combat aérien alors qu’il venait probablement de détruire un avion ennemi. Son avion, ainsi que celui du wing commander Michaël Robinson, disparaissent probablement en mer à proximité du Touquet, de Boulogne sur mer ou de Calais. Son corps, comme son avion n’ont jamais été officiellement retrouvés.

Maurice Choron avait effectué plus de 700 heures de vol de guerre et 62 missions de combat.

Maurice Choron recevant la Croix de la Libération du Général de Gaulle, le 14 novembre 1941 à Londres. (Source : famille Choron. via P. Descorsiers)

Maurice Choron recevant la Croix de la Libération du Général de Gaulle, le 14 novembre 1941 à Londres. (Source : famille Choron. via P. Descorsiers)

Mort pour la France, voici sa dernière citation le 5 mai 1942 à l’Ordre de l’Armée de l’Air avec attribution de la Croix de Guerre avec Palme :

« Le lieutenant Maurice Choron, pilote de chasse de grande valeur, ayant remporté la première victoire des FAFL, n’a cessé de faire preuve de hardiesse et d’une habilité exceptionnelles au cours des soixante-deux opérations aériennes auxquelles il a participé. Possède à son actif trois victoires officielles et cinq probables. A disparu le 10 avril 1942, après avoir probablement abattu un Focke-Wulf-190 au-dessus de la France. »

Des lieux de mémoire de Maurice Choron existent en France, en Grande-Bretagne, mais également aux États-Unis.

Décorations : Chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume le 22 octobre 1947, Compagnon de la Libération le 16 mars 1941, membre du conseil de l’Ordre de la Libération ; Croix de Guerre 39-45 avec 4 palmes et citations, Médaille de la résistance avec rosette le 11 mars 1947, Croix de Guerre Belge avec palme de bronze et citation à l’ordre de l’Armée belge le 3 mars 1943 et enfin trois décorations britanniques : 1939-1945 Star avec agrafe « Battle of Britain », Air Crew Europe Star, et War Medal, remises à sa famille le lundi 15 septembre 2014.

Article rédigé par l’Association Nationale des Officiers de Réserve de l’Armée de l’Air, secteur de l’Oise. Initialement publié sur le site de la mairie de Béthisy-Saint-Pierre, village natal de Maurice Choron.

L’Echarpe Blanche remercie vivement M. Pascal Descorsiers et l’Association Nationale des Officiers de Réserve de l’Armée de l’Air, secteur de l’Oise, pour cet article et ces photos.

(4 commentaires)

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    • Didier KELLER on 29 mai 2019 at 18 h 12 min
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    En ces jours ou reigne la pagaille en France, c’est bon de retrouver un hero mort pour la France, un homme de grance valeur et un pilote de la France LIbre. REP Maurice CHORON.

    • ANORAA 230 Oise on 30 mai 2019 at 13 h 30 min
    • Répondre

    Bonjour,
    Le 9 novembre 2019, nous inaugurerons une plaque biographique, plus détaillée, sur la maison natale de Maurice Choron, à Béthisy-Saint-Pierre.
    ANORAA 230 Oise

  1. Un sacré exemple à méditer. Sa disparition simultanée à celle de son wing co. montre l’intensité extraordinaire du combat qui a eu raison de ces deux excellents pilotes.

    • ANORAA 230 Oise on 8 juin 2019 at 13 h 59 min
    • Répondre

    Bonjour,
    Effectivement ce combat fut particulièrement intense et violent, Mouchotte et Dupérier, pour les Français en ont fait état dans leurs écrits.
    On sait d’une manière certaine, que Maurice Choron a sauté en parachute de son Spitfire, vivant et entier. On sait d’une manière quasi certaine qu’il s’est tué soit à l’atterrissage (parachute en torche ou en feu suivant les versions) ou qu’il aurait été tué pendant la descendante (version moins probable) par un mitraillage. Son avion s’est écrasé sur le territoire de la commune d’Étaples sur mer.
    Quoi qu’il en soit il fut enterré sous nationalité Britannique à Berck sur Mer, en tant que pilote inconnu, puis déplacé après la guerre dans le carré britannique du cimetière de Boulogne sur mer, toujours pilote britannique inconnu, cette tombe est identifiée. Seule une une analyse ADN confirmerait ou infirmerai cette version.

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