Apparu sous sa forme définitive en 1946, le Yak-11, sorti de l’établissement constitué en 1933 par l’ingénieur soviétique Alexandre Sergeyevich Yakovlev, est un biplace d’entraînement à la chasse pourvu d’un moteur en étoile Shvetsov de 570 ch. Fabriqué à 3 859 exemplaires en URSS et à 707 exemplaires en Tchécoslovaquie (type C-11, dans les usines de Kunovice), cet appareil a équipé les armées de l’air de nombreux pays de l’Est.
En 1982, à l’initiative de Capel Aviation, Salis Aviation de Cerny la Ferté-Alais, négocia avec les autorités Égyptiennes le rachat d’un lot de Let C-11 désarmés. Avec les moyens conjugués de Jean Salis, Alain Capel et Jacques Bourret (Aéro Rétro de St Rambert d’Albon) le contrat put être signé en juin 1983. Il fallut alors organiser le démontage de 41 machines à l’abandon dans le dépôt d’El Khanda, dans le delta du Nil, la mise en conteneurs, le transport par camion vers le port d’Alexandrie, et le chargement sur un bateau à destination de Marseille. (On peut affirmer que la majorité des Yak 11 qui volent en Europe proviennent de ce lot).
Le Yakovlev Yak-11 F-AZNN
Ce Yak-11 fut la toute première machine du lot Égyptien ramené en France à être restaurée par Jean Salis.
Le projet fut réalisé par Pierre Dague qui, assisté par Gérard Marchadier, décida d’emblée de convertir ce Yak-11, en Yak-3 monoplace. Cette reconversion, la première du genre, nécessita le déplacement du cockpit à hauteur de la place arrière. De nouveaux circuits électriques et une roulette de queue escamotable furent installés. Pour l’esthétique, deux panneaux inox polis furent monté de part et d’autre du fuselage, à la manière des Lavotchkine La-5 de la Seconde Guerre Mondiale. Pierre Dague, sellier hors pair, habilla de cuir le manche, le trim et la commande des volets de capots… Affiné, allégé, coiffé d’une verrière moulée sur mesure, et équipé d’un moteur Shvetsov révisé à zéro heure, ce Yak modifié immatriculé F-AZNN (pour Normandie-Niémen) fut peint pour représenter le Yak-3 de Marcel Lefèvre, du Normandie Niémen, et retrouva à nouveau le ciel en mai 1987.
A la mort de Pierre Dague, l’appareil fut racheté par George Perez (membre de l’AJBS).







3 commentaires
Thouin
1 octobre 2011 à 20 h 45 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
Le colonel Pouliquen n’a jamais eu de Yak1, 9 ou 3 à ses couleurs!
Le Yak9 marqué 14 était celui de Marcel Lefèvre…
lecharpeblanche
1 octobre 2011 à 22 h 17 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
Je me suis permis d’effacer une partie de votre commentaire, car il me semble qu’on peut corriger sans nécessairement être désagréable…
Merci cependant pour votre remarque, qui est tout à fait juste. Le Yak n°14 était bien celui de Marcel Lefèvre. Errare humanum est.
L’article a été corrigé en conséquence.
Barchi
6 décembre 2011 à 19 h 35 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
Bonjour,
Marcel Lefèvre, Héros de l’Union Soviétique à titre posthume, n’a jamais volé sur Yak3. Son dernier avion fut le ‘Père Magloire’, un Yak9 №14.
Si ma mémoire ne me fait pas défaut, le Yak11 était un avion sorti des chaînes Yakovlev après la guerre et possèdait un moteur en étoile d’où son nez plat. Alors que les Yak1, 9 et 3 étaient des Yak au nez ‘pointu’ (moteur en ligne). Entre 1943 et 1945, ces derniers ont successivement équipé le ‘Normandie’ devenu le légendaire régiment ‘Normandie-Niemen’ reconnaissable à ses casseroles tricolores. C’est le Yak7 biplace qui était dédié à l’entraînement des pilotes du ‘Normandie’.
Le Yak11, lui, s’était notamment mesuré au Sabre US lors de la guerre de Corée.
Cordialement,
René Barchi