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avr 14 2011

Sud Aviation SE 210 Caravelle (1ère partie)

Une Caravelle type III de Swissair à Zurich en juillet 1961. (Photo Peter Ehrbar)

par Bertrand Brown

La Caravelle de Sud-Aviation (anciennement SNCASE) fut le symbole du renouveau de l’aviation française dans les années 1950. D’une conception novatrice, cet avion de ligne ne rencontra pourtant qu’un succès moyen en dehors de l’Europe et de l’Afrique. Le marché des jetliners de première génération fut dominé par les Boeing 707 et Douglas DC-8, notamment en Amérique du Nord où la Caravelle ne perça jamais véritablement. Pour autant, « la rapide, la douce, la sûre Caravelle » comme l’appelait le général de Gaulle, servit sur tous les fronts de 1959 à 2005.

Répondant à une spécification émise par la SGACC pour un moyen-courier capable de transporter 55 à 65 passagers et une tonne de fret sur des routes de plus de 2 000 km à la vitesse de 600 km/h, le premier prototype de la Caravelle vola le 27 mai 1955 à Toulouse. Si la Caravelle ne fut pas le premier avion de ligne à réaction à entrer en service, elle fut cependant le premier qui soit véritablement abouti (NdlA: Le de Havilland Comet britannique effectua ses premiers vols commerciaux en 1952 mais souffrait de défauts de conception qui entraînèrent plusieurs crashs. La flotte fut interdite de vol le temps que ces problèmes soient résolus, à la fin des années 1950. ) .

Assez proche du prototype, la Caravelle type I/IA fut la première à entrer en service commercial. Motorisée par des réacteurs Rolls-Royce Avon RA.29 Mk 522 ou 526 plus puissants que ceux du prototype, elle emportait 80 passagers et sa masse maximale au décollage était de 43,5 tonnes.

(Auteur inconnu, Collection Musée Air France)

Mme de Gaulle et Paul Moroni, vice-président d’Air France, lors du baptême de la Caravelle « Lorraine » le 24 mars 1959. Cet appareil, une Caravelle type I, fut utilisé pour les déplacements du général de Gaulle. La Caravelle servit aux déplacements présidentiels jusqu’en 1980 puis pour le transport de personnalités politiques jusqu’en 1992.

(Photo Udo K. Haafke)

La Caravelle type III baptisée « Orléanais » aux couleurs d’Air France. Les Caravelles d’Air France portaient toutes un nom de province française et furent exploitées jusqu’en mars 1981. La Caravelle type III était motorisée par des Rolls-Royce Avon RA.527 ou RA.527B fournissant une plus grande poussée, portant la masse au décollage de 43,5 à 48 tonnes.

(Photo Udo K. Haafke).

« Comtat Venaissin », une autre Caravelle type III d’Air France. Au total, 85 Caravelle type III furent construites. Air France opéra pour sa part 47 Caravelle, de type I, IA ou III. A l’exception d’une seule, toutes les Caravelle type I ou IA furent converties en type III au début des années 1960.

(Photo Udo K. Haafke)

Scandinavian Airlines System (SAS) fut le second client de lancement de la Caravelle, et débuta les opérations sur le type en mai 1959, quelques jours après Air France. Ici, une type III à l’approche de Dusseldorf en 1973.

(Photo Udo K. Haafke)

Royal Air Maroc, née de la fusion entre Air Atlas et Air Maroc en 1957, reçut sa première Caravelle en 1960 mais celle-ci n’entra en service qu’un an plus tard. Ici, la Caravelle type III CN-CCZ en 1973.

(Photo Udo K. Haafke)

De nombreuses Caravelle terminèrent leur carrière en Afrique dans les années 1970 et 1980, telle cette Caravelle III aperçue à Orly en 1981 et opérée par Intercontinental Airlines, un opérateur charteur basé au Nigéria.

(Photo Udo K. Haafke)

Alitalia reçut la première de ses quatre Caravelle III en 1960. Celles-ci furent converties en VI-N entre fin 1961 et juin 1962 à Toulouse. La Caravelle VI-N était remotorisée avec des RA.29 Mk 531 et 531B plus puissants, permettant ainsi de porter la masse au décollage à 50 tonnes. Cinquante-deux types VI-N furent construites et cinq type III furent converties en VI-N.

(Photo Eduard Marmet)

Corse Air International, actuelle Corsairfly, fut créée en 1981 et opéra des Caravelle VI-N qui furent remplacées en 1988 par des Boeing 737. Cette Caravelle VI-N, photographiée sur l’aéroport de Basel-Mulhouse en octobre 1985, était précédemment utilisée par le gouvernement yougoslave.

(Photo Udo K. Haafke)

La SABENA (Société Anonyme Belge d’Exploitation de la Navigation Aérienne) fit partie des premiers acquéreurs de la Caravelle. Sa première Caravelle, un type VI-N, lui fut livrée en janvier 1961 et débuta les vols commerciaux moins d’un mois après. Ici, la Caravelle VI-N OO-SRF, aperçue en Allemagne en 1977.

(Photo Udo K. Haafke)

La Caravelle type VI-R effectua son premier vol en février 1961. Elle était équipée de RA.29 Mk 532R et 533R équipés d’inverseurs de poussée, qui remplaçaient le parachute-frein. La masse maximale monta à 51 tonnes. Ici, une Caravelle VI-R d’Aviaco (filiale d’Iberia, aujourd’hui disparue) en 1973.

(Photo Udo K. Haafke)

Au total, 56 Caravelle type VI-R furent construites dont celle-ci, opérée par la société luxembourgeoise Luxair et photographiée en 1978.

(Photo Udo K. Haafke)

Minerve, une société charter française basée au Bourget, utilisa une Caravelle VI-R avant d’acquérir des DC-8. La Caravelle VI-R se distinguait extérieurement par une augmentation de la surface vitrée du poste de pilotage, afin d’améliorer la visibilité.

L’auteur souhaite remercier tout particulièrement monsieur Udo K. Haafke pour les superbes photos qu’il a mis à sa disposition. Le texte et les photographies présentés ici ne peuvent être reproduits sans l’autorisation des auteurs. Cet article a été publié dans la newsletter d’Avril 2011 du French Wing de la Commemorative Air Force.

 

 

Mme de Gaulle et Paul Moroni, vice-président d’Air France, lors du baptême de la Caravelle « Lorraine » le 24 mars 1959. Cet appareil, une Caravelle type I, fut utilisé pour les déplacements du général de Gaulle. La Caravelle servit aux déplacements présidentiels jusqu’en 1980 puis pour le transport de personnalités politiques jusqu’en 1992.

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